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De la restitution en archéologie

Collection "Idées et débats"

Cet ouvrage propose de réfléchir sur le sens ainsi que sur la portée scientifique et pédagogique des restitutions. Il présente les conclusions, largement illustrées, d’un colloque ayant eu pour cadre le site français d’Ensérune, dans l’Hérault (octobre 2005). Ce site en effet, très largement et anciennement fouillé, est riche de nombreux vestiges dont la compréhension peut néanmoins échapper aux visiteurs dont la connaissance scientifique n’est pas assurée.

À partir d’exemples et d’expériences réalisées dans le monde entier, les textes exposent différentes questions : sens et cadre de l’archéologie expérimentale, limites de la restitution, statut des vestiges, validité et intérêt des comparaisons ethnologiques, rapports entre restitution et préservation – tout cela contribuant à interroger le lien entre ancien et contemporain à travers le lieu archéologique pensé comme trace et comme mémoire.
ouvrage téléchargeable en ligne
21 x 29,7 cm
298 pages
220 illustrations
PDF PDF [129,4 K.o.]

Quelles questions, quel colloque ? par Michel-Edouard Bellet et Claire-Anne de Chazelles

Voir le résumé
À partir de l’exemple du site du deuxième âge du fer d’Ensérune (Nissan-lez-Ensérune, Hérault, France), très largement fouillé anciennement et qui présente des vestiges nombreux dont la compréhension peut échapper aux visiteurs et dont la connaissance scientifique n’est pas assurée, on a souhaité à l’occasion de ce colloque réfléchir sur le sens ainsi que sur la portée scientifique et pédagogique des restitutions. L’objectif n’était pas de réfléchir sur les méthodes d’archéologie expérimentale mises en oeuvre ailleurs et dans des termes souvent très avancés, pas plus que sur les reconstitutions ni simplement sur la portée pédagogique des restitutions, mais bien, à partir d’exemples et d’expériences, de formuler diverses questions que l’on peut regrouper autour des thèmes suivants.
 
PDF PDF [174,1 K.o.]

Problèmes généraux concernant la restitution en archéologie, par Maria Carme Belarte et Joan Santacana

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La restitution archéologique n’est pas une nouveauté de nos jours. La pratique consistant à restituer des parties abîmées ou disparues de bâtiments historiques a débuté au xve siècle à Rome, même si le but de ces restitutions, loin de celui des restitutions actuelles, n’était pas forcément de conserver le patrimoine historique mais parfois de l’utiliser à des fins privées. Dans quelques cas, ces restaurations ont même comporté la destruction d’autres monuments anciens.
 

PREMIÈRE PARTIE / QUESTIONS DE MÉTHODE

PDF PDF [591,0 K.o.]

I 1.Signification et problèmes de définition, par Jean-Claude Golvin

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Le texte aborde le problème de la définition des termes les plus utilisés en matière de restitution et évoque quelques problèmes inévitables. Il règne encore en effet une grande confusion terminologique dans ce domaine car chacun utilise, par pure habitude, plusieurs mots relatifs à la restitution sans en donner de définition précise. Un mot est employé pour un autre, sans nuances et de façon contradictoire au cours d’un même exposé. On hésite sur les termes, en employant tour à tour, au cours d’un même exposé, les mots restitution, reconstitution, reconstruction... Un travail de définition est donc indispensable si nous ne voulons pas buter sur les mêmes difficultés à chaque rencontre. Il nous semble logique pour commencer d’établir les définitions de base dans la langue française pour bien montrer les notions à distinguer absolument, avant d’entreprendre un travail d’harmonisation plus large au niveau international dans un second temps.
 
PDF PDF [565,1 K.o.]

I 2.La restitution archéologique comme modèle : le cas espagnol, par Maria Carme Belarte et Joan Santacana

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Voici une réflexion autour des restitutions archéologiques et de leurs fonctions du point de vue de la recherche et du point de vue pédagogique. Nous abordons quelques cas méthodologiques propres à l’Espagne, pays où la tendance dominante est à la simple présentation des ruines, protégées ou restaurées suivant des critères d’intervention minimale. Néanmoins, plusieurs expériences de reconstruction ou reconstitution sur place ont été mises en place dans des années 1990. Plus précisément, ces expériences correspondent à deux modèles différents : la restitution sur place et la réplique. Quant au modèle de transfert, il n’a pas été adopté pour la restitution des sites archéologiques, mais il existe de nombreux exemples de monuments médiévaux et d’époque moderne qui ont été déplacés de leur emplacement d’origine.
 
PDF PDF [599,0 K.o.]

I 3.L’aménagement d’une zone de restitutions : le parc archéologique européen de Bliesbruck-Reinheim (France, Allemagne), par Jean-Pierre Braun et Jean-Paul Petit

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Dans ce parc archéologique, ouvert au public depuis 1993, l’un des principaux aménagements est l’intégration cohérente d’une « zone de restitutions » conçue également dans un schéma général d’aménagement. Cette zone est implantée en continuité le long de la voie romaine principale, au-delà de la limite de la zone urbanisée de l’agglomération antique : il s’agit de donner au public l’image la plus concrète et la plus suggestive possible des caractères architecturaux des vestiges, en restituant le cadre de vie et de travail de ses habitants. La réalisation de cette zone de restitutions répond aussi à des objectifs didactiques ambitieux. À l’opposé d’une consommation statique et purement spectatrice de la restitution du monde antique, elle invite le visiteur à reproduire au préalable la démarche des archéologues, à s’y investir et in fine à comprendre la notion de modèle dans toute sa relativité. Le visiteur se retrouvera donc immergé brusquement et un instant dans le passé, à l’échelle grandeur nature, avec un ensemble d’émotions et de sensations réelles concernant le toucher, la vue, l’ouïe, l’odorat… qui, contrairement à un monde audiovisuel ou virtuel, offrent un monde matériel dans lequel il sera à la fois acteur et spectateur. C’est cette expérience « multisensorielle » et grandeur nature qui lui permet de mesurer les conséquences, les tenants et les aboutissants des hypothèses et des choix dont il aura suivi l’élaboration.
 
PDF PDF [1,1 M.o.]

I 4.La restitution architecturale à Érétrie (Eubée, Grèce), par Pierre André

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À Érétrie (île d’Eubée, Grèce), l’occupation humaine de la plaine se déroule vers – 800 sous la forme d’un espace ouvert innervé par des chemins dont certains empruntent les sillons d’érosion de la colline qui surplombe le site. Le rempart, construit plus tard, vers– 550, ne modifie pas l’existence de ce premier réseau viaire à l’aspect incohérent. Le plus grand temple de l’île, édifié à cette époque et dédié à Apollon, évolue de simple cabane en édifice canonique, vers – 650. L’intervention architecturale a permis les premières restitutions de certaines maisons (quartier de l’ouest et maisons aux mosaïques). Elle a défini une vision nouvelle de la maison savante du ive siècle avant notre ère, réservée aux réceptions de l’élite sociale et associée à une autre maison, qu’elle domine en hauteur et qui, elle, abrite la vie de la famille. Au iiie siècle, au moment où s’affirme le besoin de nouvelles salles, on retrouve ces deux maisons associées par des toitures-terrasses ; l’augmentation de l’assiette foncière permet en outre à la grande cour de devenir un véritable péristyle. Mais il faut attendre l’époque hellénistique pour que l’architecture privée, qui s’élaborait auparavant par agglutination d’espaces différents, fusionne ces deux modèles en un seul. Enfin, la caractéristique de la construction à Érétrie est d’apparaître fondée sur une utilisation massive du bois, une preuve des très anciens échanges commerciaux entre la Grèce et les lointaines colonies du nord de la mer Égée.
 
PDF PDF [659,1 K.o.]

I 5.Une reconstitution : la ferme archéologique médiévale de Melrand (Morbihan, France), par Maud Le Clainche

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Melrand est un site archéologique très bien conservé, mais pauvre en matériel, connu depuis 200 ans. La recherche et les approches qui s’y sont développées ont permis de mieux cerner son identité médiévale rurale tout en laissant encore dans l’incertitude certaines modalités de son occupation et de sa désertion. Le choix de l’ouverture au public en 1985 a poussé les équipes à mettre en place un parcours de découverte qui vise à respecter les lieux, à continuer à les étudier et à les mettre en valeur. L’archéologie expérimentale a été une des voies les plus abouties qui se sont pour l’instant développées en son sein, à travers des reconstitutions évolutives (bâtiments, matériel, gestes). Les incertitudes économiques, autant que les attentes – parfois paradoxales – des partenaires en jeu, obligent les intervenants de terrain à respecter un cahier des charges précis ne négligeant ni la rigueur scientifique ni le visiteur en attente d’émotions et de réponses. La qualité de la transmission d’éléments de connaissance ne peut être validée que sur le long terme, respectant ainsi l’observation de structures reconstituées n’ayant de sens que sur la durée. C’est la démarche en elle-même qu’on tient à transmettre, tout comme la méthode et ses enjeux. Le message ainsi restitué aux publics en acquiert une légitimité accrue, comparativement à un discours qui laisserait place aux affirmations non fondées. Les équipes, diverses, apportent enfin un regard qui alimente les contenus des moyens de médiatisation mis en place, tant sur le fond que sur la forme. Elles sont à l’écoute des attentes, actrices de la mise en place d’expérimentations nouvelles, toujours soucieuses d’une traduction lisible de résultats scientifiques parfois complexes.
 
PDF PDF [1,9 M.o.]

I 6.Le passé reconstruit : succès, périls, et dilemmes (États-Unis), par John H. Jameson Jr

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La reconstruction des sites et éléments historiques et archéologiques a toujours été un élément de controverse parmi les archéologues et historiens professionnels aux États-Unis. D’un côté les « puristes de la conservation », souvent des historiens de l’architecture et des empiristes, ont prêché pour une approche strictement conservatoire, mettant l’accent sur l’authenticité des données et des éléments matériels. Selon eux, le public est inutilement induit en erreur par de nombreuses reconstitutions qui n’ont absolument pas fait l’objet de vérifications archéologiques ou historiques. Ils sont souvent en conflit avec une approche plus tolérante par rapport à la vérification, une approche qui met en avant les valeurs éducatives et interprétatives, telle que la prise de conscience concernant l’environnement durable. En ce qui concerne les services des parcs nationaux des États-Unis (National Park Service), les « reconstructions » comprennent des mesures de conservation de tout vestige, de tout élément matériel ou spatial, qu’il soit préhistorique ou historique, et elles se distinguent de la restauration en ce qu’elles impliquent la construction de nouveaux éléments du paysage culturel. En dépit des politiques menées actuellement, les services des parcs nationaux ont parfois eu une attitude ambivalente quant à l’utilisation des reconstructions comme outil d’éducation et de conservation. Étant donné la controverse historique autour des notions de reconstruction, les acteurs réalisent qu’ils doivent accepter les limites des connaissances ou de ce qui est connaissable à travers les techniques analytiques modernes et reconnaître que l’on ne saura peut-être jamais l’« entière » vérité à propos d’un site. Si l’on désire des interprétations plus efficaces, il nous faut nous tourner vers nos partenaires de communication – les responsables de site, les interprètes de ce site et les services éducatifs – il faut leur transmettre ce savoir et leur faire comprendre comment l’archéologie peut contribuer au sens de l’identité des gens et même comment elle peut améliorer leur vie. Vu la vogue actuelle que connaît le tourisme patrimonial, on peut espérer qu’à l’avenir seules des reconstructions fondées sur de réelles recherches et impliquant une intervention minimale protégeant au mieux les ressources archéologiques elles-mêmes seront considérées comme d’authentiques alternatives en termes de gestion de site et d’éducation du public.
 
PDF PDF [2,0 M.o.]

I 7.La reconstruction contemporaine « à l’identique » d’un château médiéval : Guédélon (Yonne, France), par Florian Renucci

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C’est Michel Guyot, propriétaire du château de Saint-Fargeau (Yonne), qui le premier a eu l’idée de construire ex nihilo un château fort selon les modes de construction du xiiie siècle. La première pierre a été posée le 20 juin 1997, avec des aides de l’État (en matière d’emploi) et de mécénat privé. Fondé sur l’accès du public le plus large à l’ensemble des processus de construction, ce château de pierre n’est donc pas la reconstruction de ruines, personne n’a jamais imaginé ou projeté sa construction avant 1997, son nom même n’est qu’un emprunt au site. Cette expérience est originale parce qu’un modèle d’architecture a pu être défini au préalable par des universitaires, des archéologues et des architectes. De plus, la pédagogie étant axée sur la communication des données de l’expérience et non sur l’animation, les artisans travaillent sur place devant le public et expliquent leurs gestes et projets. Ce sont eux qui assurent l’accueil sur le site. Guédelon est devenu le deuxième site touristique payant de la Bourgogne après les hospices de Beaune. L’équipe est composée de plus de cinquante salariés, et la formation professionnelle est assurée pour une bonne part par les ouvriers eux-mêmes. Il convient cependant de s’interroger sur la finalité d’une éventuelle multiplication de constructions de « monuments historiques modernes ». En effet, autant une grande et unique aventure comme celle de Guédelon peut avoir fonction d’exemplarité, autant la répétition de ce genre d’expérience pourrait servir un certain conservatisme architectural au détriment de créations véritablement contemporaines.
 
PDF PDF [842,5 K.o.]

I 8.Présenter 2600 ans d’évolution urbaine : le quartier Saint-Jacques à Béziers (Hérault, France), par Christian Olive

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Le quartier Saint-Jacques, à Béziers, a une longue histoire qui a été mise en évidence récemment par des fouilles archéologiques : il recèle notamment les seuls vestiges d’époque romaine encore visibles à Béziers, ceux de l’amphithéâtre. Ainsi, il est vite apparu que la restructuration urbaine de ce quartier, situé dans le périmètre du secteur sauvegardé, présentait un intérêt particulier et que les projets immobiliers devaient s’inscrire dans le cadre de l’archéologie préventive. Des investigations quasi systématiques ont permis d’approcher l’histoire générale du quartier, dans son évolution et sa continuité : des études de bâti ont été prescrites par le service régional de l’Archéologie sur toutes les restructurations d’immeubles, analyse puis intégration des résultats de ces études dans les projets immobiliers – une démarche complète et originale, menée en parfaite collaboration entre de multiples acteurs administratifs et professionnels. En outre, ce quartier en ruines formait en centre-ville un cadre romantique enveloppé de mystère auquel les Biterrois étaient très attachés. Il méritait donc une attention particulière afin de préserver son originalité. Les premiers résultats sont positifs et encouragent à poursuivre cette démarche dans l’ensemble du secteur sauvegardé.
 
PDF PDF [235,4 K.o.]

I 9.Quel avenir pour le musée de site ? L’oppidum gaulois d’Ensérune (Hérault, France), par Michel-Edouard Bellet

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Redécouvert à la fin du xixe siècle, le site de l’oppidum d’Ensérune a été fouillé à partir du début du xxe siècle. Sa chronologie est incertaine (depuis les premières traces de présence humaine, vers 575-550 av. J.-C., jusqu’à son abandon progressif dans la deuxième moitié du ier siècle ap. J.-C) : les difficultés présentées par de larges fouilles anciennes, l’absence de continuité entre zones d’habitats, le poids d’une riche nécropole, les lectures chronologiques trop rapides, ainsi qu’un certain nombre d’« évidences » erronées, ont pu fausser la lecture de l’occupation du site. La mise en valeur a commencé très tôt et en 1935-1936, l’architecte Jules Formigé construit le musée de site, probablement le premier du genre construit en France. Mais, hormis les campagnes sporadiques de sondages et quelques restaurations ponctuelles, le site n’a pas connu de modifications notables, et se trouve donc entièrement préservé. La question est donc la suivante : étant donné la demande d’un public toujours plus exigeant dans l’approche et la lisibilité des informations, selon quels axes et quels choix concilier un programme scientifique et la fiabilité de la recherche – alors que la tendance est au « gel » de ce type de site protégé des agressions de l’époque moderne ?
 

DEUXIEME PARTIE / EXEMPLES DE REALISATIONS IN SITU

PDF PDF [584,6 K.o.]

II 1.La préhistoire au bord d’un lac, quinze millénaires de paysages et de présence humaine au Laténium (Neuchâtel, Suisse), par Michel Egloff

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Laténium ? Néologisme archaïsant, le nom du nouveau parc et musée d’archéologie de Neuchâtel, à Hauterive (Suisse occidentale), évoque le site de La Tène et la civilisation celtique du second âge du fer. La Tène, en effet, se trouve à 2 km du rivage où s’élève, depuis le 7 septembre 2001, un musée consacré au passé du canton de Neuchâtel, du Moustérien à nos jours, mais aussi aux méthodes de l’archéologie. Toutes les fonctions concernant les fouilles terrestres et subaquatiques, les études post-fouilles, la publication (éditions « Archéologie neuchâteloise »), l’exposition, l’enseignement universitaire et populaire de l’archéologie sont désormais réunies sous un seul et même toit. Les laboratoires de conservation-restauration et de dendrochronologie font aussi partie de cet ensemble. Le parc prolonge et approfondit le message du musée : face aux Alpes s’y trouvent restitués ou reconstitués des monuments pré- et protohistoriques, mais aussi une barque gallo-romaine, avoisinant des zones de végétation conformes aux étapes de l’évolution climatique du pied sud du Jura. Quelques points forts : un campement magdalénien, qui fut déplacé sur une distance de 1km ; les pieux d’un « village lacustre » néolithique ; une maison du bronze final ; un tumulus ; une forge, un puits et un pont celtiques. Les témoins d’époques successives se trouvent juxtaposés en un ensemble harmonieux alliant le savoir et le rêve. Jean-Jacques Rousseau vécut dans cette région, où le premier congrès international de préhistoire eut lieu en 1866.
 
PDF PDF [135,8 K.o.]

II 2.Apprendre grâce au passé ; un fort de l’âge du fer : Castell Henllys (Pembrokeshire, Pays de Galles), par Philip E. Bennett

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Le Castell Henllys est un promontoire rocheux situé à l’intérieur des terres, qui date de l’âge du fer ; il a été occupé dès 500 av. J.-C. Le site appartient à l’organisme qui le gère, le Pembrokeshire Coast national Park Authority. Il est remarquable pour ses maisons de l’âge du fer reconstruites sur leurs emplacements originaux, ainsi que d’autres reconstructions. Les fouilles de ce site remontent à 1981, date à laquelle la première maison a été reconstruite – c’est à ce jour la plus ancienne des maisons expérimentales en Grande-Bretagne. Castell Henllys a été acquis dans le but de la conservation et de la mise en valeur de la beauté naturelle, du patrimoine naturel et culturel du parc national, de manière à optimiser l’accès du public le plus large aux richesses naturelles et culturelles exceptionnelles du parc. Le National Park Authority doit également veiller au bien-être socio-économique des communautés du parc. Castell Henllys exploite toute une palette d’outils d’interprétation : des répliques d’objets pour donner une impression du lieu et un sentiment de découverte aux visiteurs, des panneaux interprétatifs situés à différents endroits du site qui donnent un aperçu de l’histoire naturelle et de l’archéologie, une série de sculptures « parlantes », spécialement conçues pour les personnes malvoyantes, fournissent aux visiteurs des données sur les problèmes liés au développement durable. En 1993, un centre d’éducation innovant a été construit pour répondre à la demande du nombre croissant d’écoles venant visiter Castell Henllys, et un programme éducatif a été élaboré. Cette contribution a pour but de souligner le rôle que jouent des sites reconstruits tels que celui de Castell Henllys dans l’accès au passé qu’ils permettent à des gens de tous âges, et à quel point ce passé a d’importantes leçons à leur transmettre. On y met aussi l’accent sur la facilité avec laquelle on peut induire les gens en erreur à travers les animations et les reconstructions, et donc à quel point il est important de vérifier l’état des connaissances transmises.
 
PDF PDF [1007,5 K.o.]

II 3.Une expérience d’ archéologie expérimentale à Serra di Vaglio, Potenza (Basilicate, Italie), par Giovanna Greco

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L’habitat de Serra di Vaglio, à 1095 m au-dessus du niveau de la mer, est l’établissement le plus important et le plus étendu d’une série d’habitats autochtones, dont les premières traces d’une présence humaine, sur les versants sud et ouest, remontent au Néolithique ancien (5500-5000 av. J.-C.) ; cet habitat complexe s’est ensuite poursuivi à travers moult tribulations jusqu’au iiie siècle av. J.-C. pour cesser d’exister au début du iie siècle av. J.-C., avec la naissance de la colonie romaine voisine de Potentia. Il comporte notamment une habitation particulièrement complexe et d’un intérêt exceptionnel, mise au jour en 1986. Cette structure, dite « maison des pithoi », présente une stratigraphie très claire qui offre une synthèse emblématique de toute la vie de l’établissement autochtone de l’utilisation continue du site depuis le viiie siècle jusqu’au milieu du iiie siècle av. J.-C. environ. Le projet de restauration et mise en valeur a choisi de présenter au public, en une solution unitaire et directe, la maison et le complexe de structures mis au jour, en reconstruisant au moins une unité d’habitation dans son volume et ses éléments structurels : il a donc fallu enregistrer scrupuleusement toutes les unités stratigraphiques. La restitution en trois dimensions offre au visiteur plusieurs possibilités : pénétrer une réalité assez fidèle au passé ; visualiser la chronologie et la superposition des formes d’habitat de façon immédiate, suggestive et aisément compréhensible ; comprendre l’antique autrement qu’à travers illustrations et graphiques. C’est donc un excellent outil pédagogique, qui, au niveau local et national, a éveillé l’intérêt des responsables des écoles, des opérateurs touristiques, des acteurs culturels (un événement théâtral y a été organisé par la municipalité de Vaglio)… Bref, il a créé l’attraction qui était nécessaire pour sortir le site archéologique du cercle étroit des spécialistes. Unique en Italie à son achèvement en 1990, le site fait figure d’exemple dans les nouvelles méthodologies de restauration de l’antique et se révèle toujours performant quinze ans après sa création.
 
PDF PDF [2,7 M.o.]

II 4.Restitutions et mise en valeur d’habitats : l’exemple de Martigues (Bouches-du-Rhône, France), par Jean Chausserie-Laprée

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Situé à l’ouest et au sud de l’étang de Berre, non loin de Marseille, le territoire de Martigues est le siège de nombreux habitats protohistoriques et gallo-romains occupés entre le début du VIe siècle av. J.-C. et les premiers siècles de notre ère. Depuis le début des années 1980, quatre d’entre eux ont fait l’objet de fouilles de grande ampleur qui ont mis au jour, dans des conditions d’exploration variées, des portions importantes de leurs structures d’habitat. Dans l’ordre chronologique de leur occupation, on distingue successivement : 1. l’habitat côtier de Tamaris, promontoire rocheux fortifié dominant le littoral de la Côte Bleue, à l’est de Marseille, occupé durant le VIe siècle av. J.-C ; 2. l’oppidum de Saint-Pierre-lès-Martigues, qui tient une petite butte au cœur de la dépression fertile de Saint-Julien/Les Laurons, et siège d’un habitat protohistorique et gallo-romain (VIe siècle av. J.-C.-Ier siècle ap. J.-C.) ; 3. le village gaulois de l’Ile de Martigues, installé au débouché du chenal de Caronte sur l’étang de Berre, occupé entre la deuxième moitié du Ve siècle et la fin du IIe siècle av. J.-C ; 4. le site gallo-romain de Tholon, sur les rives de l’étang de Berre, identifié comme le siège de l’agglomération de Maritima Avaticorum, occupée entre le Ier siècle av. J-C. et le Ve siècle apr. J.-C. Y ont été menés de manière plus ou moins aboutie des expériences et des travaux cherchant à restituer in situ au public les vestiges architecturaux et urbains mis au jour. Pour chacun d’eux, nous présenterons les moyens matériels et humains mis en œuvre, différents pour chaque site. Partout, l’on retrouve un objectif double : rendre une architecture modeste et peu spectaculaire accessible et évocatrice pour le public profane, et préserver au mieux l’intégrité de vestiges fragiles, mais bien conservés.
 
PDF PDF [1,2 M.o.]

II 5.La ville romaine Augusta Raurica, à Augst (Canton de Bâle, Suisse), par Donald F. Offers

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En accord avec les trois axes principaux de notre stratégie de base, la conservation des vestiges et des fouilles sont en parallèle avec la recherche et l’interprétation, le but essentiel de la ville romaine d’Augusta Raurica. Augusta Raurica, avec sa tradition ancienne de conservation, met tout en oeuvre pour la sauvegarde d’un riche patrimoine culturel pour les générations futures et pour rendre vivante l’histoire en l’interprétant, à travers des animations et des événements, ou des publications à destination du public. À Augusta Raurica les méthodes de restauration et de conservation sont préférées aux reconstructions complètes. Plusieurs exemples de projets récents de conservation, de reconstruction partielle et de présentation, d’après des critères internationaux, notre plan général ainsi que notre identité en tant que société, en tant que guide, ont été discutés dans cet article. La gestion de site est un processus extrêmement important et constant qui exige un personnel qualifié pour la maintenance du site, tant pour les vestiges que pour l’infrastructure d’accueil des visiteurs, telle que le parc de stationnement, les restaurants, les équipements et ainsi de suite. Les ressources pour cela devraient toujours être incluses dans le budget de maintenance à long terme. Aujourd’hui Augusta Raurica est devenue une importante attraction touristique pour la région. Si l’une de nos tâches principales est de fournir au visiteur les informations les plus pertinentes au sujet du passé en ayant recours à toutes les méthodes à notre disposition, nous devons néanmoins garder à l’esprit que notre devoir principal est d’être les gardiens attentionnés des rares témoignages archéologiques qui ont survécu aux ravages du temps.
 
PDF PDF [742,2 K.o.]

II 6.La présentation au public des villas romaines : des ruines aux reconstitutions in situ, par David Rousseau

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Depuis le xviiie siècle en Europe, des centaines de villae romaines ont été fouillées mais seules quelques-unes sont ouvertes au public. Or si en Italie, au début du xixe siècle, certaines des plus luxueuses villae étaient déjà connues depuis la Renaissance, aucune n’était dans un état de présentation acceptable pour accueillir des visiteurs. Cependant, en Grande-Bretagne, une villa située à Bignor dans le Sussex, fut ouverte aux « touristes » dès 1814, avec un tour guidé comprenant quatre mosaïques figuratives logées dans des bâtiments de protection, ainsi que des murs extérieurs. On pouvait également faire l’acquisition d’un guide (papier) et de gravures représentant le site. Quatre autres villae restaurées avec des sols pavés furent ouvertes au public, un peu plus tard, au xixe siècle. À Chedworth, dans le Gloucestershire, le premier musée de site fut ouvert en 1864. Quatre autres villae furent ouvertes en Suisse et en Allemagne au cours des années 1830 et 1840. Vers la fin du xixe siècle, toute une gamme de présentations de site avait été expérimentée, sauf une : la reconstruction des villae sur leurs fondations romaines. Bien que les reconstructions graphiques et les modèles fussent chose commune avant le xxe siècle, ce ne fut que dans les années 1980, dans la région allemande de Trier (Trèves) que l’on vit les deux premières villae partiellement reconstruites à l’échelle 1/1. Deux autres furent construites de la même manière au début des années 1990 dans le Bade-Wurtemberg ainsi qu’en Bavière. L’exploit ultime, la reconstruction d’une villa entière sur ses fondations originales, est décidé par les concepteurs de la villa Borg dans la Sarre. Cela comprend non seulement la reconstruction des murs et des toits mais aussi toute la décoration intérieure, dont les peintures murales de style romain, les sols pavés de marbre sans oublier de grands jardins. Cette option est très hypothétique ; elle est critiquée par de nombreux archéologues. Cependant, pour répondre à la demande d’un public habitué aux reconstructions numériques, certains compromis sont envisagés.
 
PDF PDF [913,4 K.o.]

II 7.L’expérience allemande à la villa romaine de Borg (Sarre, Allemagne), par Bettina Birkenhagen

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La villa romaine de Borg est de type villa rustica, un ensemble agricole, comprenant un secteur palatial (pars urbana) avec un manoir et un grand secteur économique (pars rustica). Depuis l’époque romaine, il y a eu très peu d’activités agricoles ou architecturales, ce qui fait que les vestiges sont en très bon état de conservation. La villa romaine de Borg comprend l’ensemble des fouilles de l’une des villae les plus grandes de la région Saar Mosel ainsi que la reconstruction complète de la partie palatiale de cette installation (pars urbana). Dans la mesure du possible, cette reconstitution se fonde sur des découvertes locales ou sur des résultats de fouilles d’installations similaires de la région (Echternach au Luxembourg, par exemple). Lorsque cela s’avère nécessaire, la littérature antique (Vitruve, par exemple) ou contemporaine est consultée (pour la reconstitution des peintures murales, par exemple). Aujourd’hui, les édifices reconstruits se dressent sur les fondations des murs romains (autant que possible) et restituent l’apparence que les édifices étaient censés avoir à l’époque, c’est à dire entre le iie et iiie siècle après J.-C. Les objectifs de la reconstruction de la villa romaine de Borg sont essentiellement les suivants : une place primordiale accordée à l’authenticité aussi bien qu’à la fonctionnalité de l’aménagement ; de manière tout aussi importante, la volonté de rendre accessible l’approche de l’archéologie, du monde de l’Antiquité et de ses fouilles de manière descriptive pour le plus grand nombre de visiteurs, de jeunes et d’enfants. Avec les fouilles en cours, nous espérons trouver de nouveaux résultats intéressants qui viendront s’ajouter à nos connaissances sur les colonies romaines. L’accès au patrimoine gallo-romain est rendu possible par l’aménagement qui est propice aux visites familiales, ainsi qu’à tout autre public, spécifique ou non. Le nombre important de visiteurs par an (50 000 env.), en provenance non seulement des pays voisins, mais du monde entier, prouve que ce type de conservation du patrimoine culturel est bien accepté et rencontre un intérêt très large.
 
PDF PDF [861,1 K.o.]

II 8.De la recherche à la mise en valeur : le Parc archéologique de Fregellae (Latium, Italie), par Giovanna Battaglini

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Située à 80 km au sud de Rome, le long de la via Latina, la colonie romaine de Fregellae, fondée en 328 av. J.-C., a été détruite en 125 av. J.-C., et plus rien n’a été rebâti à cet endroit en dehors de quelques habitations modernes. Le site romain n’a pas été « contaminé » par des occupations successives, constituant ainsi un « gisement clos » où toutes les découvertes sont parfaitement datables dans un laps de temps de deux siècles ; signalons en outre que l’apogée de la République est une époque généralement peu explorée par l’archéologie, d’où l’intérêt particulier du site. Enfin, les thermes à hypocauste de Fregellae sont parmi les plus anciens du monde romain. Le programme de mise en valeur a été conçu comme un ensemble, dont la première étape a été l’introduction d’une servitude archéologique dans un périmètre sauvegardé. Dès le départ, la recherche a misé sur l’accessibilité du site au plus grand nombre, entérinée par un plan de programmation impliquant les collectivités locales ou régionales et aboutissant, dès 1991, à la création du musée archéologique dans la commune d’Arce. Le parc archéologique, de 3 ha environ, comporte notamment quatre pavillons aux dimensions correspondant sensiblement à celles des édifices qu’ils protègent. Parmi les principaux critères de valorisation, citons : l’intégration d’une partie – réduite mais significative – de la structure et du tissu urbains complétés au moyen d’un jardin à l’italienne, qui dessine les bâtiments aujourd’hui recouverts ; la recréation des domus en volumes, afin de donner au public une idée réelle de leur encombrement ; la mise en valeur des techniques de construction anciennes, spécifiques et peu documentées dans le monde romain. L’intervention de restauration répond enfin aux critères suivants : distinction (ce qui n’existe plus doit être perçu clairement afin de se distinguer tout aussi clairement de ce qui est conservé) ; réversibilité (les choix initiaux peuvent changer, donc le type de restitution peut changer lui aussi) ; compatibilité avec l’original et cohérence par rapport au contexte archéologique (respect de la rigueur scientifique).
 
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II 9.Mettre en valeur l’invisible : réflexions sur le site archéologique de Bibracte (Nièvre, France), par Vincent Guichard et Claude Chazelles

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Bibracte est une agglomération fortifiée protohistorique (12 km de remparts, 200 ha de superficie) située au sommet du mont Beuvray (Saône-et-Loire). En 1989, le site rejoint la liste des Grands Travaux de l’État, devenant une entreprise de statut privé, appelée Bibracte, qui assure à la fois l’encadrement des recherches, la gestion du site et l’accueil du public, avec pour priorité de programmer des interventions paysagères afin de rendre plus lisible et attractif le site de la ville gauloise. De fait, la modestie des vestiges visibles d’architecture antique, dispersés sur une grande étendue, incite à consacrer à l’« environnement naturel » au moins autant d’attention qu’aux vestiges – la forêt, composante majeure de l’identité du site, étant responsable de la « magie des lieux ». On distingue le motif (la « figure »), qui est le détail significatif à montrer, de son cadre (le « templum »), l’ensemble constituant un « lieu ». On insiste donc sur les axes suivants : la lisibilité des logiques de relief (assise géographique) ; l’intelligibilité des espaces signifiants du point de vue archéologique (chaque ensemble de vestiges [ motif ] devant être compréhensible sans l’aide d’accessoires, il faut impérativement mettre en scène l’antériorité des vestiges par rapport aux éléments constitutifs du paysage moderne et aux interventions destinées à la « mise en valeur ») ; le pouvoir de séduction des espaces, chaque ensemble de vestiges devant s’inscrire dans un cadre séduisant au regard. À Bibracte, on accueille chaque année une demi-douzaine de chantiers de fouille animés par des chercheurs européens ; c’est un des très rares lieux où le visiteur a la possibilité d’observer le travail des archéologues en temps réel et sa progression d’une année sur l’autre. Dans cette offre patrimoniale propre au site, le concept de l’abri de chantier est totalement réversible, modulable et installé sans recours à un engin de levage lourd. En conclusion, le visiteur du site doit pouvoir contempler celui-ci comme un paysage et, comme l’archéologue, faire preuve d’invention pour repérer les vestiges signifiants et leur donner du sens en les interprétant. Ce principe est valable pour d’autres sites : la prise en compte du cadre paysager autant que du motif archéologique et donc la prise en compte de la totalité d’un site archéologique, plutôt que de ses seules parties fouillées, sont désormais des évidences, voire des nécessités.
 
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II 10.La valorisation d’un village médiéval d’altitude, contraintes et choix : Brandes-en-Oisan (Isère, France), par Marie-Christine Bailly-Maître et Alain Tillier

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Brandes se trouve sur le territoire de la commune d’Huez-Alpe d’Huez (Isère). Un village s’est implanté, du milieu du xiie au milieu du xive siècle, sur un haut plateau, à 1800 m d’altitude, pour exploiter un gisement de plomb argentifère. Sa valorisation pose des problèmes qui font de cette entreprise un cas d’école. Le village comprend une fortification de type shell-keep, une église paroissiale dédiée à saint Nicolas entourée d’une nécropole, un habitat permanent construit sur le carreau de la mine et dont l’architecture s’est adaptée au contexte environnemental, une bergerie et des jardins, des mines à ciel ouvert et souterraines, des ateliers de minéralurgie (concassage, broyage et lavage du minerai), des aménagements hydrauliques considérables liés au traitement du minerai. Le village et les installations industrielles n’ont pas été réoccupés après l’abandon du site dans les années 1330. Le site de Brandes est un site exceptionnel par l’ampleur et la nature des vestiges, mais très menacé ; il présente un certain nombre de spécificités qui ont une incidence directe sur le projet de valorisation : les contraintes naturelles, les difficultés liées à la nature des vestiges, le mode de construction (maisons semi-enterrées dans la pente naturelle du terrain nord-sud), le manque d’accessibilité des vestiges, la proximité de la station de L’Alpe d’Huez et à la surfréquentation.
 

CONCLUSIONS

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Pour une éthique de la restitution sur les sites archéologiques ? par Michel Colardelle

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Jean-Claude Golvin, lors de son introduction, est parti des définitions du mot restitution, s’interrogeant en expert sur les différentes acceptions du terme puisque, de son crayon habile, il s’est fait une spécialité de proposer au grand public comme aux savants des dessins qui reconstituent, sur la base des données archéologiques, l’allure des bâtiments, monuments et ensembles architecturaux et paysagers disparus, dont l’élévation ne peut autrement qu’être imaginée : c’est effectivement une forme, et combien intéressante, de la restitution. Mais restitution à qui ? Pour ma part, je tâcherai de conclure ce colloque passionnant en partant du public, de la médiation qu’il attend, c’est-à-dire de ses motivations, comme de celles des promoteurs d’aménagements de sites archéologiques.
 
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Et le Centre des monuments nationaux ? par Jean-Paul Ciret

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Je voudrais vous dire, pour clore ce colloque, quelques mots qui sont en fait des mots d’ouverture. Car, Michel Colardelle a raison, ce colloque n’est pas une fin ; ce ne peut être qu’un début, notamment pour nous, au Centre des monuments nationaux. Nous avons pris l’initiative de cette rencontre car nous sommes l’un des acteurs importants de la présentation au public des sites archéologiques. Michel souhaitait que les acteurs se présentent, disent qui ils sont, quel jeu ils jouent. Nous sommes une entreprise à vocation culturelle mais qui ne peut ignorer pour autant les réalités économiques. L’État nous a confié la gestion et la valorisation d’une centaine de monuments historiques, dont le Mont-Saint-Michel, l’Arc de triomphe, la Sainte-Chapelle. Il y en a de toutes les époques, le plus récent étant la villa Savoye. Nous avons la mission de les faire connaître, de les faire aimer, de les faire fréquenter et de les faire comprendre. Notre vocation est donc profondément culturelle mais nous ne pouvons pas ignorer les réalités économiques parce que la culture a un coût, et que l’essentiel des financements dont nous pouvons disposer provient du prix d’entrée que payent nos visiteurs. Quand nous nous lançons dans un projet, c’est bien sûr avec l’envie de faire progresser la connaissance mais c’est aussi avec l’idée de développer le public. De toute façon, nous sommes convaincus que nous ne pouvons pas faire l’un sans l’autre. On ne peut pas aujourd’hui attirer un public de plus en plus nombreux sur les sites patrimoniaux si l’on n’a pas une exigence scientifique de plus en plus grande. Plusieurs d’entre vous ont souligné que le contact avec le public est l’un des moteurs de la progression de la connaissance et de la recherche.
 

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